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Un 6 avril à Roland Garros

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Roland Garros vit. Oui, même en plein mois d’avril, Roland Garros vit. Le stade s’habille, des hommes en costume déambulent un peu partout, les terrains se font une beauté… Et dans deux mois, ce sera reparti : les sandwichs s’achèteront à 15 euros, la place des Mousquetaires sera envahie et Nadal et Djokovic ennuieront tout le monde avec un nouveau match de 5 heures. En attendant, Roland Garros vit.

SOUS-TERRAIN

Autour du court n°1, on s’agite : les ouvriers viennent et reviennent, les camionnettes se succèdent, les conversations et les bruits de ferraille animent le stade. En dessous, c’est une autre ambiance : le n°1 abrite deux terrains d’entraînement pour les joueurs. Mais aujourd’hui, ce sont des jeunes filles qui en ont pris le contrôle. Elles se disputent une place pour le Longines Future Tennis Ace, un tournoi qui réunit 16 jeunes talents de moins de 13 ans et en provenance de 16 pays différents. Expéditive, la jeune Anaëlle Leclerq représentera la France. Elle est classée 2/6 à 12 ans, est fan de Serena Williams et veut « devenir d’abord n°1 française puis n°1 mondiale. »

AMBASSADEUR DE LA TERRE BATTUE

A se balader dans ce Roland Garros sans public, on finirait presque par se croire privilégié. On peut s’immiscer dans les vestiaires, croiser Gilles Simon en voiture (véridique !) ou bien même discuter longuement avec un ambassadeur de la terre battue. « C’est comme ça que la fédération veut renommer notre métier. C’est une manière de montrer que c’est un savoir-faire français, une spécialité. Et aussi parce que notre terre battue intéresse d’autres pays, comme l’Argentine ou la Tunisie. » En clair, ces ambassadeurs sont les techniciens qui s’occupent des terrains : ils manient la terre battue et préparent les courts. Ils passent un tracteur sur la terre, une sorte de râteau, un rouleau de 300 kilos, reviennent à une autre sorte de râteau, peignent les lignes lorsque la température le permet… Pour l’instant, ils s’occupent des petits courts, puis s’attaqueront aux grands plus tard, « à cause des contrats avec les télés ».

La discussion dure, l’homme m’offre même un peu de terre de Roland. Il explique qu’« ici, tout est réuni pour que les terrains soient bien préparés. On a toute la terre battue qu’on veut, on n’est pas restreint » ; il tire son chapeau au public belge et suisse (« ils sont énormes, ils nous applaudissent même quand on bâche »)  puis prédit que « Nadal jouera son premier tour sur le Lenglen pour les télés puis tout le tournoi sur le central, parce que c’est plus lent, plus adapté à son jeu » et qu’« à l’inverse, Federer jouera tout sur le Lenglen, plus rapide ».

Pendant le tournoi, ils seront près de 120 à prendre soin des terrains. « L’année dernière, on a critiqué les terrains, comme quoi ils étaient moins biens que les autres années. C’est faux, assure t-il. Les terrains ne changent pas d’une année à l’autre, on les traite aussi bien. Mais il fallait bien quelque chose pour détourner l’attention des incidents, notamment le manque de sécurité autour de Federer ». Notre ambassadeur est clair : « C’est le jeu qui change, pas les terres battues ». Puis au fil de la discussion, il en vient à d’étonnantes confessions. « On s’occupe des courts de la même façon, mais parfois, quand un Français joue, ça peut avoir un effet. Par exemple si on sait qu’il préfère un court humide, que ça s’adapte plus à son jeu, on va rendre le court plus humide ». Un avantage ? « On ne le voit pas comme ça. Le joueur est Français, il joue chez lui… Bien sûr on ne va pas lui demander ‘eh, tu veux quoi comme court ?’, mais on le sait. C’est comme ça dans chaque pays. Quand Nadal joue en Espagne, c’est pareil ».

Nous continuons à bavarder, puis il conclut sur un constat amer : il déplore la réglementation de son métier par la fédération. « Maintenant, on a des contraintes, au niveau des heures par exemple. Avant, je faisais beaucoup plus d’heures supplémentaires que je ne le peux maintenant ». Idem en ce qui concerne les contrats de travail : « Avant, la fédération embauchait pour des contrats de 9 mois. Aujourd’hui, c’est 4 mois et demi ou 5 mois. Du coup c’est beaucoup plus dur de trouver des personnes compétentes. Depuis que je l’exerce, je vois que ce métier a évolué. »

PRÉPARATION

Pendant que la jeune Leclerq arrache son billet pour représenter la France ou qu’on s’éternise avec l’ambassadeur de la terre battue, au fond du stade, c’est la préparation. Gasquet, Simon et Benneteau notamment reprennent leurs marques sur la surface. A deux pas de là, le CNE en accueille d’autres, comme Alizé Lim. Avril, c’est le début de la tournée sur terre battue : les joueurs passent par Monte-Carlo, Barcelone, les joueuses par Charleston, Stuttgart. Viendront ensuite Madrid et Rome, avant le grand rendez-vous de l’ocre parisien. En attendant, Roland Garros vit.

Crédit photos : ICON SPORT/Amandine Noel (encadré)

4 commentaires to "Un 6 avril à Roland Garros"

  1. Baduff dit :

    Chouette article !

  2. j2f dit :

    C’est de nous de donner des nouvelles de « Roland »… Et le central est beau sans toutes ces pancartes de pub on se croirait presque à Wimbledon. Reste a remplacer les loges par des sièges pour les vrais amateurs de tennis et c’est OK !

  3. Soso dit :

    Oui, des sièges à la place des loges des snobs seraient préferables…. et aussi un toit
    pour jouer quand il pleut

  4. Cheerio dit :

    En tout cas on est bien d’accord que la terre battue est le symbole de du tennis français, de part Rolland Garros.. pareil pour ici ces terrains à Dijon http://www.tennis-lac-kir-dijon.com http://www.lac-kir-tennis.com

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