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P2H, joueur en formation

Jeudi dernier, Pierre-Hugues Herbert inaugurait Karanta, une enseigne spécialisée dans le tennis qui s’installe, après Strasbourg, à Paris. Souriant et plein d’humour, il balaye plusieurs sujets, à commencer par sa défaite contre Rafael Nadal à Bâle (6/1 6/1). « Je ne l’ai pas vu son appendicite ! » plaisante t-il, avant de reprendre : « Ce n’était pas une partie de plaisir. Il y a eu pas mal de déception à la fin ». Mais le Français semble avoir cerné le problème : «  (il montre un écran qui passe son match contre Djokovic à Bercy l’an passé) contre Djokovic, je n’entrais pas forcément sur le court pour gagner, mais plutôt pour faire un bon match. Maintenant, contre les meilleurs joueurs, il faut que quand j’y rentre, ce soit pour gagner. Ce n’est pas simple à gérer. C’est une question d’expérience ». Au dessus de sa tête, cette écran sonne comme une piqûre de rappel, une façon de lui montrer le chemin parcouru en une année. Il en est conscient : « Quand j’ai joué à Bercy, j’ai réalisé des choses. Maintenant, j’ai pris un peu plus confiance en moi, oui ».

Alors après une saison faite de « hauts comme de bas, avec des bonnes semaines et des mauvaises », voilà Pierre-Hugues Herbert aux portes du top 100, avec son matricule 120. Mais il prévient : « Le top 100 n’est pas une fin en soi. On veut souvent que ça aille très vite. Pour moi, ça a toujours pris plus de temps. Il y a quelques années, en sortant des juniors, mon objectif était déjà de rentrer dans le top 100, se rappelle t-il. Je voulais monter beaucoup plus rapidement ». Il clôturera sa saison sur le Tour dans deux semaines, mais doit d’ici là défendre un certain nombre de points, dont ceux acquis par son deuxième tour en 2013 au POPB. Et s’il entrait de justesse dans le tableau final de l’Open d’Australie ? « Ce serait énorme ! » sourit-il.

Des objectifs « très élevés »

Très tôt, P2H a monté sa propre structure, et n’est pas passé par les pôles de la Fédération. Ainsi, son père joue un deuxième rôle dans sa vie : c’est son entraîneur. « Ce n’est pas évident, ce n’est pas une relation facile. Maintenant, je n’ai pas un père très envahissant, se réjouit l’Alsacien. Il essaye de prendre du recul, surtout que j’arrive à un âge où on a souvent envie de s’éloigner un peu de son père, de ses parents. Il comprend ça, et on arrive à tirer le meilleur de notre relation ». 9ème mondial chez les juniors, le grand ami d’Albano Olivetti est doté d’un jeu d’attaquant (qu’il a déjà failli troquer pour un jeu « comme tout le monde, en frappant fort du fond ») lui permettant aussi d’être performant en double. A Tokyo, il y a près d’un mois, la paire Herbert/Przysiezny a fait sensation en battant les frères Bryan, avant de remporter le tournoi. « La semaine d’après, presque tous les joueurs m’ont un peu charrié en disant : ‘en fait t’es un joueur de double’, ce que je n’ai pas forcément très bien pris (rires) » raconte t-il. Et quelques minutes plus tard, quand on lui parle d’une éventuelle sélection en Coupe Davis dans le futur, il justifie son envie d’y jouer par le fait de n’avoir « jamais vraiment aimé les sports individuels. Pourtant c’est ce que je fais ! »

Herbert se montre ambitieux sur le long terme, et parle d’objectifs « très élevés ». Pour 2015, il s’agit maintenant de « faire des résultats en Grand Chelem, que ce soit en simple ou en double. Je pense qu’il me reste une bonne marge de progression dans pas mal de domaines, comme le jeu sur terre battue. J’ai l’impression de progresser tous les mois. Donc le classement devrait suivre… du moins j’espère ! »

Propos recueillis par Sacha Acco

Crédit photos : David Vincent/AP/SIPA (Une)

Miguel Medina / AFP ( Article)

L’Équipe (Encadré)

Remerciements au magasin Karanta.

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