IMPRIMER IMPRIMER

Agent 007

Il cherche des sponsors, négocie les contrats, conseille et gère l’image d’un ou plusieurs sportifs : plus qu’un simple businessman, l’agent, dans le sport, est un véritable manager. « Un agent doit être multi-tâches et compétent dans plusieurs domaines. C’est la polyvalence des tâches qui rend ce métier aussi intéressant » résume Fabien Paget. A 30 ans, ce Dijonnais en charge de nombreux joueurs tricolores comme Paul-Henri Mathieu, Nicolas Mahut, Julien Benneteau, Pierre-Hugues Herbert et Quentin Halys a ouvert sa propre agence dans le management de joueurs et le conseil en marketing sportif, 02Management. « Être agent, c’est avant tout accompagner, conseiller et représenter l’athlète auprès des marques et des sponsors notamment » affirme-t-il.

Représenter, mais aussi savoir gérer le quotidien de l’athlète de manière à libérer son esprit de toutes les contraintes extérieures au tennis, et ainsi lui permettre de concentrer toutes ses forces sur sa performance, et rien d’autre, ou l’entourer des bonnes personnes afin de l’aider à aller le plus haut possible, c’est aussi ça être agent. Tout en s’attachant à définir une stratégie de management bien précise pour chaque athlète : « On ne manage pas Paul-Henri Mathieu comme on manage Pierre-Hugues Herbert ! » prend pour exemple Fabien Paget. Une idée que conforte Morgan Menahem, agent de Jo-Wilfried Tsonga : « L’approche est différente avec chaque joueur. Il peut y a voir une période d’essai comme il peut ne pas en avoir, la durée des contrats est très variable…, explique t-il. Il y a des joueurs qui souhaitent que personne ne se mêle à leur projet tennis, et d’autres qui sont demandeurs d’informations, de références et qui vont les chercher auprès de l’agent ». Savoir s’adapter, donc, l’une des principales qualités indispensables dans un métier où sa fonction peut beaucoup varier d’un sportif à un autre.

Plusieurs facettes

Le terme d’agent est en fait très général. Si certains, comme Fabien Paget et Morgan Menahem, ne sont centrés que sur les joueurs professionnels, d’autres s’étalent sur plusieurs facettes du métier. C’est le cas de Marc Legris, créateur de Marc Legris Management. Sa première mission : gérer l’image d’Édouard Roger-Vasselin, 42ème joueur mondial, dans la région où le joueur a grandi, La Baule. Mais ce n’est pas tout. Marc Legris est aussi chargé de placer de jeunes joueurs dans différentes universités américaines, et s’occupe également de faire la liaison entre des joueurs et des clubs français pour les matchs par équipes de mai-juin et de novembre-décembre. « Tous les agents fonctionnent avec un système de commission. Certains ont en plus un salaire fixe mais à partir du moment où il y a du jeu, la loi veut que la commission soit de 10 %. Par contre, pour l’image du joueur, il n’y a pas de réglementation. C’est généralement entre 15 et 20 % » souffle Marc Legris.

« Un métier de terrain »

Si une licence à passer auprès de la FFT est aujourd’hui obligatoire pour pouvoir exercer le métier dans l’Hexagone, aucun parcours ne semble réellement se distinguer et le nombre de places disponibles reste très peu important. « Agent, c’est avant tout un métier de terrain, un métier de relations humaines, et ça, aujourd’hui, ce ne sont pas uniquement les études qui vous l’apprennent », assure Fabien Paget. Pour Morgan Menahem, dans le métier depuis 2000, il faut savoir s’intéresser à tout : « Il y a beaucoup d’écoles qui se revendiquent spécialistes en marketing et en management sportif, en France. Le problème aujourd’hui, c’est qu’elles font sans doute des choses très bien, je ne peux pas juger car je n’y ai jamais mis un pied, mais c’est un métier qui a tellement de facettes que s’engager tout de suite dans des études de management sportif, je pense que c’est un peu trop réducteur, argumente t-il. Je conseillerai d’abord de faire quelque chose d’un peu plus touche-à-tout pour avoir des connaissances en droits, dans la finance ou dans la communication…».

Faut-il être proche de son joueur, ou au contraire garder une relation uniquement professionnelle ? La relation avec l’athlète est un autre chantier qui peut parfois s’avérer quelque peu compliqué à aborder. « Il faut avoir une relation proche avec son joueur, mais en même temps quelque peu distante, pour pouvoir lui dire des choses qu’il n’appréciera pas forcément mais que personne d’autre ne lui dira » indique Morgan Menahem, qui a déjà collaboré avec Tony Parker auparavant. Fabien Paget, lui, préfère prévenir : « Si relation personnelle il y a, elle ne doit jamais venir entacher la relation professionnelle. Mais au final, l’important, c’est que ce soit avant tout une relation de confiance et que l’on voit les choses de la même manière ».

Être réactif, ambitieux, professionnel, ancien que social afin de se faire une place dans un milieu très fermé, voilà la recette pour être un bon agent. « C’est un métier où, si vous n’êtes pas le meilleur dans votre domaine, vous ne pouvez pas durer, assure Fabien Paget, pour qui un bon agent se mesure dans sa capacité à rester sur la durée ». Ce Dijonnais, qui vient tout juste d’enregistrer Serena Williams à sa liste de clients, conclut sur la véritable nature de son métier, et écarte les idées reçues : « Ça ne se réduit pas à passer des coups de fil. C’est un métier de conseils, et pas uniquement un métier de contrats, d’affaires. Il y a une vraie notion de conseils ».

Propos recueillis par Sacha Acco

Crédit photos : Virginie Bouyer

Charly HEL / Pix’HEL

FFT

Laisser un commentaire