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La vie sur le circuit secondaire expliquée par G. Burquier

Après Adrien Mannarino, et Amandine Hesse, Grégoire Burquier, 249ème joueur mondial au classement ATP, explique sa vie sur le circuit secondaire en exclusivité pour La Gazette du Tennis.

Bonjour tout le monde, je suis Grégoire Burquier. Je vais donc vous parle de ma vie sur le circuit secondaire. A mon classement, l’aspect financier est toujours présent dans un coin de nos têtes. C’est un poids constant qui nous suit tout au long de la saison. Sur une année, suivant nos résultats, notre programmation peut être modifiée en fonction de l’état de nos finances. On ne peut pas se permettre de partir n’importe où, même si sportivement, cela peut être intéressant. Sur le circuit ATP, nos finances dépendent de nos résultats. Et lorsqu’on est en Challenger, si on ne joue pas bien, on peut vite se retrouver à ne pas gagner voire à perdre de l’argent à la fin d’un tournoi. Sur l’année 2012, je pense avoir gagner 8000 euros nets (mon prize-money auquel j’ai enlevé tous les frais). Je n’ai pas joué très loin de la France, ce qui a réduit mes dépenses.

Hormis les frais de tournois et ceux de matériel et de textile (je suis sponsorisé par Asics et Babolat), il faut aussi rajouter ceux dus à l’entraînement. On ne peut pas se payer un entraîneur à plein temps et l’emmener sur tous les tournois. Chacun se débrouille comme il peut, certains font des semaines d’entraînement ponctuellement, d’autres préfèrent s’entraîner seul. Pour ma part, mon entraîneur est également directeur sportif de mon club. J’ai un accord avec les dirigeants pour pouvoir partir avec lui sur certains tournois (généralement les Grands Chelems et quelques autres) quand financièrement je peux me le permettre. Mon entraîneur me coûte 5000 euros par an.

Pour pouvoir vivre de notre sport, nous sommes obligés de jouer les matchs par équipe. C’est une source de revenus stable qui nous est indispensable. Certains jouent même à l’étranger (Allemagne, Suisse, Italie, Belgique…). Ce n’est pas parfois pas l’idéal car on préfèrerait plutôt se reposer ou s’entraîner mais on n’a pas vraiment le choix. En France, on peut gagner entre 10 000 et 15 000 euros pour jouer 5 matchs par équipe. Enfin, si, à un moment de la saison, suite à de mauvais résultats, on a besoin de « renflouer les caisses », on peut jouer des tournois nationaux. Il n’y a pas presque pas de frais, et on peut gagner entre 500 et 2000 euros sur un week-end. Ça peut empiéter sur notre programmation de tournois ATP mais c’est quelques fois nécessaires.

Notre situation financière dépend donc énormément de nos résultats. Mais il y a différents moyens de « se refaire » (matchs par équipe, tournois nationaux, exhibitions….) même si notre classement ATP en pâtit. Je voudrais rajouter que c’est une vie particulière mais une vie qu’on a choisie et en ce qui me concerne, une vie qui me plaît. On arrive à vivre de notre passion et même si on ne fait pas toujours ce qu’on voudrait, c’est quand même formidable.

Grégoire Burquier pour La Gazette du Tennis

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