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David Guez, au-delà d’un bras cassé

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A 30 ans, David Guez n’a, certes, jamais atteint le top 100. Pourtant, il possède une grande particularité. En effet, il n’a jamais pu tendre son bras droit depuis ses 14 ans. Portrait.

Jeune, rien ne prédisait David Guez, né à Marseille en Décembre 1982, à se lancer dans le tennis. La petite balle jaune, il connaissait, étant donné qu’il allait occasionnellement jouer au Cercle Sportif Marseille (CSM). Mais son truc, c’était plus le football, puisqu’il était licencié au club de Mazargues, en moins de 15 ans nationaux. Et c’est au foot qu’il se fracture et se luxe le bras droit, en troisième. Il perdra, en raison d’une mauvaise rééducation, une grande partie de l’extension de son bras (60°).

C’est alors vers le tennis que décide de se tourner Guez, expliquant avoir « décroché » avec son entraîneur de foot. A 18 ans, après avoir manqué son bac, il n’est classé qu’en troisième série française ! « J’ai dit à mes parents que je voulais me lancer dans le tennis. Ils m’ont laissé faire, à leur place, tout le monde n’aurait pas réagi de la même façon » explique le Marseillais, qui aura besoin de 6 années pour se classer en première série.

Ramasseur, initiateur, juge de ligne et joueur

http://i607.photobucket.com/albums/tt159/miss_nathii/david-guez-doha-2013.jpgRamasseur de balles à l’Open13 de Marseille lorsqu’il était plus jeune, Guez y devient initiateur et juge de ligne, plus tard. Sur le terrain, il se lance en 2005 chez les professionnels, et il évolue dans des tournois de seconde, voir troisième, zone, dans l’ombre des Sebastien Grosjean et Arnaud Clément, qui brillent, pour leur part, sur le grand circuit. L’ancien footeux connait quelques difficultés financières, et déplore l’organisation des « petits tournois ». « Pour bien vivre du tennis, il faut rester plusieurs années dans le top 100. Au delà, c’est la misère. Tu joues dans de petits tournois souvent avec une organisation médiocre, des cordeurs qui font n’importe quoi et des balles pourries ! Et le seul moyen de rentrer dans tes frais est de gagner l’épreuve, sinon tu y es de ta poche ! » avoue t-il.

Vainqueur de son premier Future en 2006, David Guez étoffe son palmarès en 2008 puis 2009, grâce à des succès à Dong Guan, Lille, Newcastle, Toulon, Bourg-en-Bresse, Mostoles et Nevers. Cette même saison 2009, il hésite à jouer le Masters 1000 de Paris-Bercy. Il prend finalement la décision de s’y rendre. Alors 179ème joueur mondial, il sort des qualifications et signe le plus grand exploit de sa carrière, en s’offrant le scalp de Stanislas Wawrinka (n°20), avant de chuter face à Gaël Monfils sur le court central, au tour suivant. A 26 ans, il se fait connaitre du grand public, et intrigue, parfois, notamment en raison de son geste spécifique au service dû à son accident au bras. « Je dois faire avec » préfère relativiser Guez.

Il s’adjuge, en 2011, ses deux premiers tournois Challenger à Arad, puis Quimper, après avoir atteint son meilleur classement un an plus tôt (116ème). En 2012, Guez remporte les Futures de Grasse et Toulon.

Atypique, tel est le mot pour décrire la trajectoire qu’a suivi David Guez. Aujourd’hui âgé de 30 ans, il continue d’écumer les tournois secondaires (il a remporté un Future en France en Janvier), parfois les qualifications d’ATP 250, et joue 3 ou 4 tournoi des Circuits Nationaux des Grands Tournois (CNGT). Ce Marseillais, aujourd’hui 227ème au classement, est loin d’être un bras cassé…

2 commentaires to "David Guez, au-delà d’un bras cassé"

  1. Eric dit :

    Bien bel article 🙂

  2. Migsy dit :

    Encore un article bien sympathique , nous faisant découvrir un peu mieux David Guez. Merci Sacha ! 😉

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